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AFFAIRE DES
INFIRMIÈRES BULGARES CONDAMNÉES EN LIBYE -
L'Europe négocie-t-elle une impunité aux ''frais cachés''
ou la Libye a renégocié le prix des attentats de Lockerbie, telle la
diplomatie serait interrogée en coulisse.
Joie dans la peine des autres dans un rapport de 5 contre 450 et plus.
« Je voulais vous dire quelle était notre joie
de voir la fin de ce long calvaire, qui a frappé cinq femmes bulgares...
». C'étaient les
paroles du président de la France.
Et le président
poursuit :
« C'est d'abord un cauchemar qui se termine pour ces
femmes et pour cet homme, dont chacun, en Europe, est convaincu de
l'innocence et de la bonne foi.... . Il était temps que tout ceci se termine
».
Ce qui échappe au président, il ne l'a pas dit :
convaincu sur quelle base quand on parle de 450 et plus d'enfants innocents
condamnés à périr. Pour aller plus loin, si les infirmières bulgares sont
innocentes, quelles sont les arguments de leur innocence quand on s'assied
sur la bonne foi, la notion du président. Une notion tout à fait farfelue
lorsqu'il y a mort d'hommes. multiple morts d'hommes. La justice libyenne
serait-elle la coupable quand des enfants, sont morts et malades, chez elle,
par contamination, précise la Libye.
Le Canada comprendrait mieux cette notion. La Croix
Rouge canadienne a payé le prix fort au Canada pour l'affaire des sangs contaminés.
Devrait-on conclure que c'était plus important pour culture X.... que
celle de Y!
Devrait-on se rappeler pour monsieur le président,
et lui dire, permettez!
Votre Europe de bonne foi nage en
plein mensonge, grave, chez vous. Avec des cyclistes dopés, dont cette bonne foi et la
conscience ne sont pas vos vertus. Pour un sport et, une société qui
réclament autant. Mais avant tout, il serait intéressant de citer quelques
extraits de son ancien patron Villepin, alors que celui-ci était titulaire aux
Affaires Étrangères, à l'occasion de la 59e session de la Commission des
droits humains présidée par la Libye. Était-il de bonne foi?
Villepin mars 2003. « Mais le droit est-il
encore à la hauteur des enjeux de sécurité : terrorisme, prolifération des
armes de destruction massive
».
Il voulait peut-être se comparer en disant :
«...au moment où la découverte du Nouveau Monde
confronte l'Occident à l'altérité, et où Bartolomé de Las Casas s'insurge
alors contre ceux qui par leurs cruautés et leurs oeuvres néfastes, ont
dépeuplé et dévasté des terres pleines d'hommes doués de raison
», à propos des droits humains.
Question relative en 2007 : la France
a-t-elle malgré tout, vendu des armes de destruction massive aujourd'hui ?
Poursuivant, parlant des horreurs de la Shoah
: «
...Eleanor Roosevelt et René Cassin, symbole de
l'alliance entre les peuples américains et français, apportèrent la seule
réponse possible, en présidant à l'élaboration de la Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme ».
Un peu plus loin poursuit-il :
« L'impunité constitue un facteur récurrent de
violation des droits de l'homme
».
Nous osons dire qu'il parlait là de justice puisqu'il
en a invoqué.
Aboutissant au chapitre des principes!
«
Deuxième principe : le respect est le rempart de
l'homme contre sa propre barbarie, toujours prête à renaître »...
«
... l'abolition de la peine de mort. Parce qu'aucune
justice n'est infaillible. Parce que, surtout, la mort ne sert pas la
justice ».
Et, il dit vrai! alors,
produire des armes de destruction massive, est-ce de la barbarie ou,
seulement les utiliser? Que dire d'en vendre à ceux qui, on sait, vont les
utiliser?
Villepin. «
La Commission des Droits de l'Homme doit apporter sa
contribution à la réalisation des objectifs fixés dans la déclaration du
Millénaire et des engagements pris à Johannesburg. Elle doit favoriser
l'accès à la santé et à l'éducation, en particulier pour les enfants... Nous
ne pouvons accepter que le sida décime les peuples et dévaste leur société
civile ».
Très émouvant n'est-ce pas!
«
Troisième principe : l'exemplarité. Parce que les
droits de l'homme tirent leur force dans leur universalité ».
Il définissait
trois règles de votre engagement : «
première règle : l'impartialité. Il ne saurait y
avoir deux poids, deux mesures en matière de droits de l'homme.. ».
«
Troisième règle : la vigilance. Aucun d'entre nous
ne peut s'ériger en donneur de leçon. Ensemble, nous devons en permanence
être en quête de perfectionnement et partager nos expériences». Et pour
finir : «...
Ainsi, nous attendons de la Libye, qui en exerce
aujourd'hui la présidence, qu'elle se montre exigeante et respectueuse de
ses obligations en matière des droits de l'homme ».
Toujours émouvant mais aussi révélateur que
prémonitoire dans le cas qu'on observe aujourd'hui, bien que monsieur Villepin soit mis en examen par la justice française aujourd'hui
pour affaire lugubre. Pure
coïncidence avec l'image à laquelle il aurait voulu s'en prendre :
faiblesse humaine!.
Comparons. Bien que le Canada fut très tapageur en la
circonstance, Bill Graham, Ministre des Affaires Étrangères disait en
reconnaissance du fait de la présidence alors qu'il était en consultation en
février 2003 : « Face à la situation que représente la présidence de
la Libye, le Canada a l'intention de favoriser un dialogue constructif avec
les responsables libyens pour essayer d'influencer leur comportement... ».
N'est-ce pas là un autre crédit accordé à la Libye!
Notre rédaction a choisi de traiter du sujet
après le dénouement de la crise, par esprit de compassion mais critique, dans
le but d'éviter les préjugés qui n'auraient pas leur place dans le débat. Le
constat est l'outil de notre dialectique. Ce que nous faisons aujourd'hui.
Le président de la France a péché, non dans l'intemporel
mais dans la logique sociale internationale. Sa logique puisque les
contrats à tout prix justifient dans sa grille. D'autre part, et en
conséquence, la Libye serait lâche de ne pas dévoiler et quantifier. Comme
la France l'avait réclamé pour les victimes françaises de Lockerbie.
langage et contenu, conférence de presse du président
Sarkozy -
« Je remercie le premier ministre du Qatar pour
sa médiation... pour qu'une solution humaine soit trouvée à ce drame humain
extrêmement profond.
»
Rapprochement diplomatique pour le médecin palestinien.
Quand on parle de
drame pour des victimes contaminées et décédés, en plus des parents affectés
ou, pour des colons profiteurs, en rappel au récent langage du président Poutine
à l'égard de la Grande-Bretagne qui couve sa constitution en pourfendant
celle de la Russie dite démocratique dans le nouveau langage occidental.
Sarkozy. « mes pensées vont également vers les
quatre cents soixante familles libyennes qui ont un enfant atteint du sida. Il y
a eu une cinquantaine de morts... Je comprends pour les familles, la douleur »
N'est-ce pas la reconnaissance tacite du lien de
cause à effet de part la présence des infirmières bulgares. Comment donc
expliquer ce drame dans la conjoncture de la présence de ces infirmières
bulgares, sans enquête judiciaire européenne sérieuse non politisée?
Le président poursuit : « J'aurai l'occasion
demain, avec le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner,
d'effectuer un déplacement politique, cette fois-ci, en Libye pour aider la
Libye à réintégrer le concert des nations
».
Le président oubliait que la Libye avait présidé le conseil des droits
de l'homme autour de mars 2003, ce qui le rend lui, tard pour une telle considération
- ce sont des nations souveraines de l'ONU qui avaient voté -. Peut-être
perdait en cohérence.
Cette
tentative maladroite si vraie et si révélatrice : « Je dois à la vérité de dire qu'en tant que
ministre de l'intérieur j'avais pu mesurer, depuis plusieurs années, la
collaboration qui était devenue possible dans la lutte contre le terrorisme.
Avec la Libye, la France n'était pas, d'ailleurs, le seul pays à le
constater
» Les effets tardifs de réintégration ne tiennent aucunement.
Trop sûr de lui et avare de reconnaissance, le
président se confond même sur la durée de son portefeuille au ministère de
l'intérieur qui ne s'étend pas sur plusieurs années mais sur juin 2005 à
mars 2007, signe de pure improvisation...
La mesquinerie de celui qui finit par rappeler son passage
en tant que accusateur de la jeunesse, traiteur de canailles, un jugement peu
confortable : « De quoi s'agissait-il? Il s'agissait d'arracher cinq
malheureuses femme et un médecin palestinien à un sort bien peu enviable
»
Sarkozy prend là la précaution de ne citer le mot Bulgare mais s'appui sur
Palestinien. Et, « il y avait là un problème à résoudre, on l'a résolu,
point. »
La question se pose donc à trois niveaux : la
nature du problème, l'étendu du problème, le prix de la solution. Si le
président essaie de jouer sur le facteur émotion pour se donner raison mais,
pour un gain personnel, la pilule reste accrochée : « En tout cas,
moi, j'avais dit aux Français pendant la campagne électorale, et j'avais dit
le soir de mon élection, que ces infirmières étaient françaises, pas
juridiquement, mais dans mon coeur. Elles étaient françaises parce qu'elles
étaient injustement accusées, parce qu'elles étaient injustement accusées,
parce qu'elles souffraient, parce qu'il fallait les sortir de là..... »
Le mépris des autres non Français ressort
clairement là, comme dans le cas de ceux qu'il ne considérait pas Français,
en tant que ministre de l'intérieur.
C'est là le véritable visage du président
Sarkozy.
Le nouveau président
français commet ainsi sa première grosse erreur sur le plan international... Il
perd son innocence politique pour un si bon départ. Au domestique les socialistes auraient
raison, les affaires ne justifient pas tout...
Le président, dans ses réponses...
« Quant au Colonel Kadhafi, je le remercie bien
volontiers d'avoir compris qu'il était important que cette décision soit
prise. J'avais d'ailleurs indiqué que si elle n'était pas prise, je ne
pouvais pas envisager le voyage dans les mêmes conditions
».
Alors la France a clairement manipulé pour la
gloire de Sarkozy, ou méprise la justice qui d'une part, si Kadhafi a cédé,
la convention de Genève le met en garde, dans la violation d'une décision du
pouvoir judiciaire. C'est en soi un précédant inutile créé par l'ego sarkozien qui
aura fait affaire avec un état voyou car si les infirmières bulgares ne sont
pas coupables, c'est que la Libye les a condamné politiquement et
injustement, ce qui fait d'elle un état voyou sur le principe.. Et, c'est à
ce prix que Sarkozy réclame ce : on a négocié et signé des contrats.
Résultats contre silence. Une présidence en
arrogance grandissante contre politique obscure ego concentré.
D'aucun ne peut cautionner dans une logique
sociale humaniste la version du président Sarkozy. Au nom des nations, au
nom de l'Euro ni au nom de la France dont le président soutient une
reconnaissance, une appartenance française basée sur la douleur, des
infirmières bulgares. Au nom de la discordance juridique internationale. La
présidence française vient de commettre une gaffe monumentale en manipulant
la libération de coupables selon la justice libyenne et selon la conscience
bulgare.
À la question que pensent les Libyens de cette
libération après des négociations difficiles? Le président répond : « ...
C'était très complexe parce que nous, Européens, ne voulons pas reconnaître
la culpabilité d'infirmières qui à nos yeux sont innocentes et qui viennent
d'ailleurs d'être graciées par la Bulgarie, État francophone et européen
».
Les Bulgares eux-mêmes ont gracié donc, si grâce
alors culpabilité reconnue. Trop tard monsieur le président, c'est déjà
fait, c'est déjà dit.
La question demeure malgré tout pour les autres
nations de l'ONU : les petites
victimes libyennes seraient-elles moins humains dans les principes de Villepin, que les victimes en Occident.
Quand on punit de peine de mort aux États Unis d'Amérique, le plus souvent,
des Noirs innocents dont la justice américaine aura décidé la mort aux yeux de
toutes les institutions subsidiaires des Nations Unies, et de l'Europe, car elles
sont loin de
ne pas être concernées. Toujours selon le principe Villepin avril 03, cela
fait 4 ans déjà qu'on ne peut se faire de leçon.
Si nous encourageons la clémence pour le cas libyen, car
nous sommes profondément contre la peine de mort par principe, nous croyons
par contre dans le principe de la justice, pas de la vengeance. Parce que si
Kadhafi a le droit d'absoudre politiquement, il se redonnera aussi le droit de
punir en politique. La France en portera le blâme. Le président Sarkozy
personnellement.
Parce que si drame il y a, il y en a encore en
France selon le rapport du Rapporteur de la commission des droits de l'homme,
sur les décès de demandeurs d'asile africains à même les transports institutionnels.
C'est donc la grande Afrique qui devra ouvrir les yeux dans ses rapports avec cette
France.
Dossier International/26-07-07 |