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ALAN CAVE LE CHARME QUI FAIT
DANSER SERRE COLLE
– Pourquoi danser d’abord ? Puis serré. Et, ensuite collé. Il semble
enivrant que de danser quand on est du métier. Danser serré permet autrement
de ne s’exposer si on n’est pas trop habile. Mais danser collé c’est tout un
autre domaine de la danse. C’est le charme.
La chanson haïtienne a souvent offert les nostalgiques comme
fantaisie, alors que le cœur des femmes pouvait s’offrir autre chose que cela.
On parlera de Gérard Dupervil, on aura connu aussi de grands classiques, les
cordes vocales de Guy Durosier, la voix d’Ansy Dérose, de la grande fantaisie
avec le Tabou Combo, les troubadours du genre de ti Paris, et plus récemment,
du différend avec Beethova Obas ou le retour de la samba créole. Ils ont parlé
à l’âme, ils ont exposé pour la conscience, ils ont traité les femmes
d’épouses. De bons tubes mais, ils ont peu offert à la sensualité de la femme,
pour sa féminité. Haïti a souvent produit de grands chansonniers tout en les
gardant limités. Il leur a fallu malgré tout du temps pour se faire
reconnaître. Cependant, le genre et le rythme qui font danser, serré, collé,
pour charmer, Alan Cavé est rapidement passé maître en la matière. Si vous
n’êtes pas du métier, votre copine ira tout simplement voir ailleurs pour
danser Alan Cavé. Danser pour charmer et, sous le coup de la sensualité, Alan
Cavé a trouvé la douce mesure musicale qui fait la différence, pour se décaler
des autres.
Répondre au goût des jeunes filles
Les premiers pas du jeune chanteur annonçaient déjà ce qui
allait se passer. Montréal recevait avec rationnement ce qui aux USA, était
une nouvelle école. Se chercher dans la foule quand Shoubou du Tabou Combo
forçait ses cordes pour impressionner, rien n’était acquis pour Alan Cavé. Le
Hip Hop allait venir aussi. Mais, son étoile ne tarda pas à briller quand
d’une nouvelle génération, cette voix réunissait en un, ce que chez Coupé
Cloué, les deux carreaux ont longtemps alimenté. Coupé offrait la sexualité
dans son lyrisme, Alan Cavé a réussi à se maintenir avec toute la sensualité
et les plus profondes émotions qu’une simple danse. Le public lui a rendu son
âme, la compétition l’a salué. Aujourd’hui, Alan Cavé est une signature dans
la chanson haïtienne, les jeunes filles le voulaient lui et sa chanson, cela
n’a pas encore changé.
Alan Cavé aura-t-il fait
école pour qu’on se souvienne de lui, projection oblige, quand il aura l’âge
mûr ? La réponse se précise autrement dans notre imaginaire. Ceci, sans
vouloir établir de parallèle entre la lignée des grands paroliers
nord-américains des mots et des rythmes tendres qui charment, avec Alan Cavé,
si ce dernier se permet une plus grande ambition que son public traditionnel,
la lignée des Georges Benson et compagnie lui sera tout simplement acquise à
travers le monde. Danser serré collé sous le coup du charme portera longtemps
l’étiquette Alan Cavé et, c’est une leçon pour une certaine culture.
Arts & Culture 09-09-2010 |