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Quand Montréal
par Etzer Brédy, ville cosmopolite, resplendit de tous ses feux dans ses
plus beaux habits du dimanche aux mille couleurs, c’est pour nous l’été. De
toutes les saisons, elle est la plus belle. En été, c’est la bacchanale : fête
de l’amour, de l’amitié et de la fraternité retrouvée en ces temps de morosité
généralisée.
Alors exhale une odeur de
fêtes, cette orgie délicieuse d’un rare parfum exquis annonciatrice que de
belles choses : festival, détente et surtout vacances. Il tombe sur la ville
un soleil de couleur or et orangé sous un toit de ciel bleu que seule la
Caraïbe en connaît le secret. En été à Montréal, on est comme en pays de la
fleur d’or, Haïti, sous un ciel sans ride et sans fissure. En été, c’est
chaque jour fête, farniente! La population est métissée, donc belle. De
partout, on vient faire la fête à Montréal et pour cause.
Pendant que le festival juste
pour rire et le festival de jazz envahissent la métropole traînant avec eux un
vent de frénésie jouissive, de bamboche, de joie et d’allégresse et tout cela
sous une canicule caressée par cette bise douce et salée à la fois, Montréal
nous apparaît, encore, comme une terre connue. Les artistes, jongleurs,
chanteurs, musiciens qui animent la ville sont de partout.
Après une longue hibernation,
la population Montréalaise est dans la rue et exige que chaque jour soit fête,
joie et bonheur. Pour cette période qui ne dure pas assez, Épicure prend le
contrôle de la ville. C’est le tintamarre, pétards continuels à la ronde ou un
arc-en-ciel de couleur annonce les feux d’artifice. Le bonheur dans le ciel
est de toutes les couleurs. Comme à la messe, les montréalais regardent
religieusement le spectacle de confettis des artificiers du monde. La ronde
grand centre d’attraction donne du plaisir aux plus jeunes qui sont heureux
d’avoir peur de toutes ces folles mécaniques amusantes.
Montréal en été c’est le
visage de mon pays qui s’impose à moi, se défile à la surface de l’étang aux
souvenirs. Place à la Carifête, notre carnaval. D’aucuns disent que ce n’est
qu’un succédané de carnaval, mais pour moi…c’est notre carnaval : aux
tambours exaltés, les montréalais les moins audacieux restent à côté pour nous
regarder donner le spectacle. Toutes les fleurs noires montréalaises
envahissent la ville, volent, virevoltent, dansent, groovent,
fraternisent et s’amusent dans une ambiance de joie et de paix. Montréal
devient ville ouverte. Elle est l’Afrique, l’Amérique du sud, Haïti…
En été à Montréal, c’est une
tradition Africaine qui se perpétue. Pendant quelques jours un parterre fleuri
d’artistes Africains prenne d’assaut la ville de Montréal qui en redemande
pour un évènement culturel à nul autre pareil. C’est nuit d’Afrique. Pendant
une semaine les nuits de Montréal sont constellées d’étoiles nègres, allant du
ocre, du café au lait et du miel des visages de notre mère l’Afrique. Nous,
d’origine Africaine, Haïtienne, embellissons quand la saison venue le ciel de
la grande métropole. Fête créole, nous envahissons la francophonie.
Nous n’avons pas fini de
surprendre, nous avons aujourd’hui le Compafeste-2008. Deux jours de bonheur
compas. Les Haïtiens qui étaient là-bas nombreux, au Parc Jean Drapeau, ont prouvé aux organisateurs
leur sens de la discipline. Puisse cet évènement grandir et devenir un
incontournable pour le plus grand bien des festivaliers que nous sommes tous
dans la grande métropole montréalaise.
Déjà hâte à la fête l’été
s’installe! Couleur Etoile Musicale/24-06-09 |