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LE FFM DANS DEUX JOURS
MONTREAL JE ME SOUVIENS par Editor
- Le Cinéma nous a tout donné, le FFM nous a presque tout apporté sur la
Route du Cinéma à Montréal. Les acquis ont rassuré, c'était le temps.
L'éclairage, le son, la scène, les acteurs, les personnages, les tableaux, les
studios, enfin tous les artifices de l'art, du métier, de l'industrie. Stéréo,
hi fi, dolby, 3D,
tout est arrivé. Qu'est-ce qui n'aurait pas déjà été réalisé si ce n'est la
possibilité de toujours réinterpréter par le fruit des générations
subséquentes. Le numérique nous a pourtant brutalement absorbé avec ses avenues.
larges. Tout format, tout écran, tout support, toute conception. L'Histoire au maxima de son
potentiel d'inspiration, a produit autant de révolution dans le cinéma qu'elle
n'a forcé de résolutions. Ne parle-t-on pas de Bollywood, de Nollywood comme
option complémentaire à Hollywood ! Chaque édition du FFM a fort heureusement
grandi en parallèle avec ce bagage numérique. Coup de théâtre, on vit
réellement du Cinéma, l'UNESCO vient de proposer d'élever Haïti au rang de
Patrimoine, pour sa révolution au service de l'humanité. L'abolition
de l'esclavage. L'élan est historique, pas numérique. Le FFM est pris de court.
Jacques Nicolas Hilaire aurait
certainement été fort de son verbe avec le Cinéma comme moyen de culture,
Fabienne Colas doit assurément être en transe.
HAOLLYWOOD d'abord est-ce possible et,
Losique qu'est-ce qu'il dit de Montréal ?
Pourquoi pas diront les Haïtiens qui s'instruisent
activement
et qui rêvent développer une approche cinématographique toute particulière.
Loin du documentaire imposé. Un puissant imaginaire, sortir du
misérabilisme et intégrer directement le faste des trois femmes d'Egypte.
Un premier objectif convoité.
C'est à dire le rêve américain. Le vrai rêve : la puissance, le luxe, l'extravagance,
le
showbiz. Une approche imaginaire qu'apprécie chaque Haïtien en particulier.
Dany Laferrière l'y inscrivait autrement dans son roman la Chair du maître. Un
cinéma qui charme en Afrique.
Ce
serait en fait une richesse même pour le riche cinéma américain que de générer
un autre enfant. HAOLLYWOOD
est donc dans l'ordre du possible.
Mais il faut voir, comment pénétrer l'univers
''diabolisé'' de la mémoire d'une meute d'esclaves en furie, venant de différentes
localités et de culture africaine ? Les dévoués de Harry Potter, s'ils
seraient convenables sur scène, ils ne pourraient tout de même le générer
aussi bien que l'exubérant imaginaire haïtien. Ce que touristes... et
chercheurs ethnologues s'évertuent à découvrir dans les simulations de
rituels du Vaudou haïtien après des récoltes de café. Un puissant désir de
domination à la hauteur des dieux. Différents de Rome, la sexualité.
C'est là où rentre
l'explosive déclaration de l'UNESCO.
Koïchiro Matsuura, 24 août
: << En nous rassemblant autour d'une vision partagée de l'histoire de la
traite et de l'esclavage, nous pourrons ainsi construire une histoire commune
et poser les fondements d'un dialogue interculturel qui délivre un message
universel de savoir et de tolérance >>.
Parlant de la journée du 23
août il poursuit : <<
un moment unique pour la
communauté internationale de concilier ensemble devoir de mémoire et devoir
d'histoire >>. Parce que l'histoire de l'esclavage c'est encore plus
ce qui a été volé aux Haïtiens, le droit de se réaliser comme ils le
souhaitaient. Losique offrira-t-il tout ça un jour, ou, Fabienne Colas
devra-t-elle mieux travailler ?
Les cinéastes savent-ils que
l'UNESCO a lancé en 1994 le
projet de la Route de l'esclave dans le but de
concilier ensemble devoir de mémoire et devoir d'histoire en couvrant la
pluralité des mémoires, des cultures et des représentations incluant les
enjeux de mémoire et de transmission de mémoire. Rajoutons sans travestir :
soutenir cette démarche et vulgariser.
Où peut-on le faire mieux que dans le cinéma ?
Le cinéma a revitalisé Che Guebarra, a fait
renaître Mao aux Etats Unis même. Il dévoile encore un Hitler fou furieux. Il a proposé les prairies luxuriantes
et le pétrole. Il a
gardé de tout ça une mémoire vivante.
L'Amérique latine des Bolivariens vient de se voir
révoquer son initiatique histoire révolutionnaire et obliger de remettre à Boukman, Louverture,
Dessalines, les mérites d'un haut rang. Si l'histoire doit être réécrite, même
sur les droits de l'homme, Haïti aura désormais son mot à dire. Qui d'autre
que le cinéma pourra mieux faire.
Une mise en route qui a échappé à cette édition du FFM.
Si Faubourg 36 comme patrimoine est épique, lequel on s'est efforcé de ranimer
en septembre 2008, HAOLLYWOOD comme devoir de mémoire fera école.
Jacques Nicolas Hilaire n'est plus pour le voir mais, Fabienne Colas si elle
doit être en transe à l'apprendre, elle se sent là pour le faire.
L'an
prochain l'Histoire aura été écrite.
Cine/25-08-09 |