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CONSCIENCE MONDIALE & KI MOON
par Dan
Albertini
- Au moment de la rédaction de cet article, la Chine étale son
influence croissante aux yeux du monde, la
Russie envahit l'espace souverain de la Géorgie,
le candidat républicain américain Mc. Cain, accuse son adversaire politique de naïveté en matière de sécurité du pays
le mieux armé au nucléaire. Mais Ki moon, Secrétaire Général des Nations Unies,
rassure :
« la prise de conscience mondiale de la
nécessité de faire des progrès en matière de désarmement nucléaire est plus
forte maintenant qu'elle ne l'a été... ». Sans
l'arme fatale ? Reagan-Gorbachev, une période phare du Bush-bouclier en dit
long.
Le 29 juillet dernier, le Sec. général adjoint aux
opérations de maintien de la paix propose une nouvelle couleur pour le
multicolore onusien :
« Je suis, en ce qui me concerne, convaincu que la force compte vraiment, et que
l'époque où nous n'avions que des observateurs sans armes est révolue. La force
compte vraiment. Être en mesure d'être respecté est indispensable », affirme
Guéhenno en conférence de presse d'adieu.
De quel niveau de force parle donc Guéhenno quand il
s'agit de l'ambitieuse Russie nucléaire, ou de la Chine grandissante dans ce
principe Guéhenno!
Le 6 du mois suivant, le Sec. général de
l'ONU, Ban Ki-moon, ne conteste pas mais s'est dit déterminé à réaliser un monde sans armes
nucléaires. Quelle lecture adoptée : politique obligée d'un anniversaire du premier bombardement atomique de
l'histoire ou, réalisme de celui qui quitte son poste, sans obligation de retenue ?
Deux réalités
qui divergent.
Guéhenno note que les opérations de maintien de la paix de l'ONU n'avaient cessé
d'augmenter depuis huit ans au DPKO -
110.000 personnes travaillent pour 20 opérations en plus des 26.000 casques bleus du Darfour.
Ki-moon raconte que
enseignants, maires, législateurs et un grand nombre d'individus ne militent pas
seulement pour le désarmement avec des mots, ils travaillent activement pour
atteindre cet objectif.
Notons avant d'aller plus loin,
que, si les besoins temporels de paix font dans l'immédiat de ce millénaire, ces deux
hauts fonctionnaires ne partagent pas du tout la même vision dans ce domaine
fragile. L'ONU devra-t-elle détenir un jour, un bras nucléaire dissuasif dans l'école de
Guéhenno, ou, amener à légiférer pour un monde sans arme dans
l'école de Ki-moon ?
Pour aller donc plus loin, considérons les déclarations
de juin de Ki-moon sur le Kosovo :
« La reconfiguration de la
MINUK vise à préserver et à consolider les réalisations obtenues (...) et à créer les bases de nouveaux progrès au Kosovo ». Il
explique plus loin :
la position de « neutralité stricte » adoptée par les Nations
Unies sur le cas du statut final du Kosovo, et a estimé que le rôle opérationnel
renforcé que souhaite jouer l'Union européenne dans le domaine de l'état de
droit serait dans l'intérêt des Nations Unies et de ses mandants. Si nous ne voulons
donc aller aussi loin que le voudrait ainsi une
offensive onusienne, force est de considérer malgré tout un extrait de la
déclaration de Guéhenno. Citons : « Aux contributeurs financiers, à ces pays qui paient la plus
grande partie de notre budget, je leur demande de pas réduire leur soutien aux
missions. Vous les rendrez plus fragiles et vous pouvez perdre tout votre
investissement » - investissement comprenons-nous par ailleurs, dans le sens
des acquis du terrain par leurs agents. La récente invasion de la Russie en Géorgie, l'indécence
américaine de Guantanamo ou, l'écrasement du Tibet par la Chine, pour ne citer
que cela, ne démontrent-ils pas assez la divergence des grands groupes
d'intérêts, sur le sens potentiel du mot
PAIX. L'Européenne Offensive écarte de fait
l'Onusienne démunie, loin de la neutralité.
Il serait ainsi donc plus
réaliste de considérer d'autres acquis. D'ailleurs,
à l'occasion du débat de juin dernier sur le Kosovo, Ki-moon reconnaissait
ceci : « Au cours de 40 années de vie diplomatique, je n'ai
pratiquement jamais rencontré une question aussi controversée, délicate et
intraitable. Juridiquement, politiquement et moralement, il s'agit d'un
paysage extrêmement complexe et sensible qui exige une objectivité et un
équilibre extraordinaires ».
Il a ainsi indiqué qu'une MINUK reconfigurée et restructurée
continuera d'exercer des fonctions liées au dialogue sur l'application de
dispositions dans les domaines de la police, de la justice, des douanes, des
transports et infrastructures, des frontières et du patrimoine serbe.
Cette réalité décrite ne renforce-t-elle pas
Guéhenno qui part quand on sait d'ores et déjà que si l'ONU possédait les moyens
de sa politique, la France ne parlerait pas, pour un si petit arsenal nucléaire,
de défendre ses intérêts vitaux à ce titre. En attendant un moyen de financement
autonome de l'ONU, la déclaration de Hiroshima :
« j'exprime mon plus profond
respect en cette occasion solennelle. Je me joins à vous pour commémorer le
passé et affirmer ma détermination à travailler avec vous et le monde entier
pour atteindre un monde sûr et en paix sans armes nucléaires », restera-t-elle
un voeux pieux pour un Secrétaire général en exercice.
L'ONU serait tout
simplement un Aréopage contemporain où, puissant et impuissant
viendraient exposer leur point de vue. Mais, la raison du plus fort resterait
toujours la meilleure et, je m'en vais par là vous la démontrer.
Relire le texte
à cet effet.
International/10-08-08
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