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HAÏTI
SI LA TENDANCE SE MAINTIENT DE PLUS EN PLUS MADAME LA PRESIDENTE
par Dan Albertini -
Mirlande Manigat se détache-t-elle du peloton des candidats à la
présidence ? Ou, les autres coureurs ont-ils du plomb dans les ailes ?
Alors, devrait-on commencer par s'habituer à dire madame la Présidente
pendant cinq ans ? Un fait est certain, Mirlande Manigat devrait rapidement
négocier des alliances pour renforcer ses acquis. Gagner dès le premier tour
est à ce stade, irréaliste sans une alliance motivée. Et la présidence du
compas. Micky le chanteur candidat n'aurait-il pas intérêt à réévaluer sa
position, s’asseoir négocier sérieusement pour son pays. Ambassadeur
itinérant de la culture musicale sur 5 ans, Mirlande Manigat s’est avouée à
moitié convaincue. La réalisation d’une telle entente aurait assuré à
Mirlande Manigat sa deuxième bataille politique, à Martelly, celle du
Compas, et, le pays aurait gagné. Du temps. Nous devons rehausser les
standards.
Je ne pense m’aventurer sur
une patinoire dangereuse en suggérant que la République doit être prête à
travailler pour la reconstruction, avec comme résultat, la victoire de toute
improbabilité. Comprenons par là, la notion des candidatures présentées en
course présidentielle. Cependant, la nécessité de faire un choix judicieux
pour opérer un changement rentable à court terme, est une certitude qui doit
être créditée à tous. Le choix, s’il peut être judicieux, l’obligation de
l’intelligence nous est recommandée. Individuellement, collectivement, ce
choix risque d’être difficile et même douloureux pour certains. Si nous
partons d’un point de vue raisonnable, ce choix sera plus confortable. Il y
a des candidatures que nous ne pouvons personnellement supporter mais, il y
aura des résultats que nous devrons assumer. L’aube du jour nous avise,
c’est encore le temps des jumelles de l’avenir. C’est dans cette optique que
nous commenterons sur le nécessaire de cette joute électorale. Mirlande
Manigat serait notre premier choix, mais il lui faudrait une alliance.
Qui est Mirlande H. Manigat ?
Il n’est pas nécessaire de se risquer maladroitement puisqu’elle se définit
elle-même. Mirlande Manigat n’est pas une femme de trente ans, ni
expérimentée en terme de gouvernance nationale. Cependant son profil permet
de lui créditer une formation adéquate et des capacités raisonnables pour ce
faire. Mais, nous lui accorderons une priorité par défaut, non un besoin
aveugle de se justifier pour la présence inconditionnelle d’une femme, mais
dans le contexte de la pluralité des genres, un besoin légitime d’équilibre
et d’expériences, dans tout l’entourage de la présidence. Pour aller plus
loin, rassurer nos enfants qui sont les garants de la relève. La candidate
du RDNP répond donc à un besoin d’équilibre justifié.
Mirlande Manigat nous dit :
<< Je suis une matinale. Je me réveille à 4h du
matin : c'est un moment que j'aime, le lever du jour, et j'aime travailler à
cette heure >>. Elle rassure psychologiquement, elle sait aimer, elle sait
travailler.
Elle
poursuit plus loin : << Je suis catholique >> Elle assume et c’est encore
rassurant. La candidate s’avance : << je garde de mon éducation le sens du
bien >>. Nous pensons qu’elle devrait mieux s’expliquer là. Une ambigüité,
une simple ambigüité suggère qu’elle aurait appris du mal aussi, dans son
éducation. Simplicité, révélation, erreur de communication : elle devrait
clarifier rapidement. Pourquoi ? Elle dit encore ceci : << Je respecte
toutes les religions et toutes les croyances et je crois que chacun est
libre de pratiquer…>. Cette notion du respect de la liberté des autres doit
clairement se démarquer de toute notion acquise du mal. Nous avions eu trop
de morts dans ce pays dit de faiseur de liberté. Car, lorsqu’elle dit plus
loin : << C'est ma conviction que toutes les religions enseignent, chacune à
sa manière qu'il faut faire le bien et non le mal >>. Il nous faut cette
certitude que le mal n’est pas une option politique pour elle, en République
d’Haïti.
La candidate
s’étale : << Je fais une différence entre la charité qui est individuelle et
la responsabilité de l'État >>. Nous présumons qu’elle veut rompre avec
cette mauvaise habitude qui est de solliciter la charité des autres peuples
comme moyen économique pour Haïti. Nous lui accordons la bonne foi en ce qui
à trait à outiller le pays pour relever les standards. Mais, encore une
fois, sans vouloir rentrer dans la sémantique, elle dit : << Chacun doit
faire un peu de bien selon ses moyens >>. Voudrait-elle dire ‘’chacun
peut faire’’. L’obligation morale n’est pas une notion de liberté ni
d’éthique. C’est une légèreté qui peut pousser vers la dérive, quand il y a
constat d’échec, ce que nous ne lui souhaitons pas.
La grande
interrogation politique demeure dans le fait de cette affirmation : << Mais
le rôle d'un gouvernement n'est pas de dispenser la charité, mais de lutter
contre les injustices sociales de tous ordres qui accablent notre pays.
C'est sa responsabilité et lorsque l'on gouverne >>. Si nous partageons cet
avis, son programme politique véhiculé est encore inexpliqué, donc ne
dissipe pas les doutes en matière de priorités et de moyens adéquats après
une catastrophe aussi inédite.
Quel sera le
profil de son cabinet, qui est pressenti comme premier ministre, la nature
de sa diplomatie ?
Elle finit par
faire sourire en disant : << J'ai quelques qualités que je m'efforce de
conserver… >>, ce qui fait penser à une jeune première qui en déposant son
cv, remet sa lettre de motivation. C’est un signe de jeunesse d’esprit pour
nous et, surtout le langage de quelqu’un qui ne prend rien pour acquis, ce
qui est en harmonie avec sa disposition à travailler. Quelqu’un qui
sollicite un mandat.
Le temps de négocier.
Mirlande Manigat termine ainsi sa présentation personnelle : << Je ne fais
pas confiance facilement… >>. Nous non plus ! Quand nous disions plus haut
que c’est le temps de négocier, la candidate doit faire ses preuves
maintenant. Cette apparence d’esprit de partage lui suggère un réalisme
politique qui fera appel à une conjoncture citoyenne de rapprochement, si
elle devrait être investie de la fonction présidentielle. C’est encore
l’aube. Le candidat auto déclaré président du Compas est plus que certain,
encore disponible en date d’aujourd’hui. Il lui faut trouver des garanties
raisonnables pour accepter un transfert justifié. C’est un artiste qui
possède un grand potentiel et qui a beaucoup à apporter au pays, à travers
sa grande popularité. Le commerce et le showbiz sont ses points forts
personnels, il ne risquera de les noyer dans un courant politique
incompatible à la présidence du Compas. La victoire est dans l'alliance. Le
milieu culturel a besoin de cet impressionnant ambassadeur itinérant. Michel
Martelly devrait pouvoir, en bon gentlemen, comprendre cet impératif. Au
showbiz ses vertus, à la politique ses devoirs, il nous faut rehausser les
standards.
Mirlande H.
Manigat devra comprendre qu’une course électorale n’est pas un ouvrage de
couvent, tel son profil sur Facebook. Ni même de Rock’n None, fut-ce
même soit-elle déjà Première dame. Cette arithmétique est électoraliste,
chaque vote comptera demain. Les talents d’une équipe de négociateurs, c’est
un besoin factuel et non théorique. La candidate doit comprendre qu’elle a
désormais le potentiel d’être la première Présidente élue avec un tel
mandat. Celui de négocier l’érection d’une grande Nation, plus élevée que la
hauteur des premiers vœux de 1804, mais au niveau des besoins identitaires
dans un contexte de globalisation et de gouvernance globale, alors que nous
sommes atteint au niveau de nos besoins primaires. Le niveau des standards
sera la norme de la Reconstruction d’après Nous.
C’est un souhait
que nous formulerons à tous candidats, mais en attendant, si la tendance se
maintient : de plus en plus, Mirlande Manigat, Madame la Présidente ! DocHaït/21*23-10-10 |