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PAPILLON ST. JEAN AMBASSADEUR
AT LARGE
par Dan Albertini
- Elle sait pleurer. D'ailleurs je pleure aux nouvelles depuis le 12
janvier dernier. Elle sait s'exprimer, son passage à la télévision d’état en
témoigne. Son parcours de GG, un cadre additionnel. Elle chante, danse,
valorise la culture. Elle a investit sa personne dans Briser les solitudes
dont les frontières dépassent celles du Canada. Il va falloir lui reconnaître
ses valeurs et son apport, au même titre que son humanité.
Briser les solitudes de la plus haute instance diplomatique
au Canada, un besoin.
N’est-ce pas le temps de démontrer que la richesse de la
démocratie canadienne se trouve justement dans le fait que notre constitution
gère bien mieux ce qu’on appellerait : préparer la relève. Nous avons dans
notre culture démocratique, l’habitude et la pratique d’introduire les notions
depuis l’école primaire, tout en progressant et, en reconnaissant à la
jeunesse une formation adaptée au niveau des sociétés les plus performantes au
monde. La présence de la Gouverneure Générale en fonction démontre que le
Canada renouvelé brisait réellement les solitudes en accueillant Madame Jean
au Sussex. Il y a des critiques, il en aura toujours, mais l’unanimité
reconnaît son apport et le Canada se porte mieux que moins bien.
Quand nous nous comparons aux autres, à travers la
publication de la liste des meilleurs pays au monde, le facteur de progression
de ceux qui arrivent en tête du palmarès ne se confond pas nécessairement avec
celui de dégression des anciens champions. L’apport et l’expertise des
Canadiens au quotidien, dépasse le simple espoir de développement de ceux qui
se cherchent une nouvelle terre d’accueil. Il faut admettre du coup, que cela
rehausse nos exigences en tant que peuple aussi. Nous devons grandir encore,
un peu plus sur nous même aussi. Le Canada n’a pas le choix que d’exercer son
influence sur ce nouvel ordre mondial qui se dessine depuis 10 ans, et, les
Nations Unies sont en plein dans le débat que l’institution a elle-même
initié. Les défis du nouveau millénaire.
De quoi parle-t-on d’abord ?
Le Canada de l’Alberta a découvert, il y a un peu plus d’un
an, qu’il contiendrait, dans environ cinq ans, une puissance pétrolière plus
grande que celle de l’Iran du turbulent Dr. Ahmadinejad. C’est la province de
l’Alberta. Il y a par contre un peu moins d’un an, depuis que le Canada du
Nord au Sud a découvert que Washington changeait de position sur les sables
bitumineux de l’Alberta. Que la Chine faisait plus, que convoiter aussi. Il
fait, un peu plus encore, le Canada du Québec, fustigeait les sables
bitumineux de l’Alberta, gardons un peu de réserve, par esprit de
compétition, à l’intérieur. Mais, par une manie mesquine, à l’extérieur. Pour
faire ‘’propre’’. Le voile ainsi se lèvera mais, les Canadiens, plus que le
Canada, vont devoir grandir. La Gouverneure Générale Michaëlle Jean a su
développer un haut potentiel diplomatique et, le meilleur serait à venir, si
les Canadiens se permettent de grandir, une fois de plus. C’est notre
histoire.
Papillon St. Jean,
pourquoi pas ?
Michaëlle Jean est arrivée avec Briser les Solitudes pour un
Canada meilleur. Meilleur au domestique, meilleur à l'échelle international.
Meilleur sous les poussières du 12 janvier à Port-au-Prince. Nous nous jetons
là, dans les bras des Nations Unies. Accélérer la démarche pédagogique dans le
contexte de la Global Governance, Et, laissant la place, non seulement à une
femme, c’est rattraper en plein vol les propos du Secrétaire Général en
fonction. Soit, demander à plus qu’à l’Islam de s’ouvrir par le dévoilement
interdit aux femmes, mais à toutes ces Nations dites unies, de reconsidérer la
thèse de la boucle géographique pour le secrétariat général de la grande
institution. La femme ne peut-être subordonnée aujourd’hui encore. Comment ?
La question est fort agréable pour nous de la soulever ainsi.
Michaëlle Jean comme candidate potentielle au poste de secrétaire Général des
Nations Unies, est-ce un rendez-vous historique au même titre que celui de
2005 au Canada ? Ou, un véritable test de la Global Governance ?
Au départ un Européen, au retour un Européen, le tour de la
boucle est au point de départ. Ne serait-ce pas le temps d'essayer autre
chose ! Elargir les critères en fonction de certains objectifs du nouveau
millénaire. Accomplir le droit des femmes jusqu'au sommet de la hiérarchie
onusienne. Ouvrir un espace Antilles dans la géographie de la hiérarchie.
Intégrer Haïti comme faiseur de liberté et enrichisseur du patrimoine de
l'humanité. Démontrer à l’Iran qu’on n’est pas figé. Faire comprendre à la
Bande de Gaza que le monde évolue. Rassurer les réfugiés du Darfour !
Mais, regardons-nous dans le
miroir avant de réclamer. Après le départ de Clinton de la présidence
américaine, il appert que certains démocrates d'une certaine communauté, lui
aurait offert un grand espace pour l'accueillir dans leur milieu. C'était une
valeur ajoutée pour la zone et, tout le monde en était conscient. Quel
mouvement de communauté d'origine haïtienne avaliserait une telle initiative
en faveur d'une fondation Papillon St. Jean par exemple, en faveur d'une
coopération haïtienne internationale pour Haïti ? Il y en a qui viendront avec
leur littérature de gallinacée, pour faire Roland Paret, nous dire : eh ti
coq. Sensible n’est-ca pas ?
D'autre part, certains
verraient bien la GG en position en Haïti comme Ambassadrice plénipotentiaire.
Quelle insulte pour le plus haut niveau de la diplomatie canadienne que de
réduire l'expression au simple ambassadeur. Pourquoi pas Washington dans ce
cas. Haïti serait tout simplement un sol argileux pour elle, à savoir : bien
représenter le Canada ce serait de réduire l'impact migratoire non rentable
pour nos provinces, tandis que refuser le visa aux Haïtiens voyant un des
leurs, serait un rejet immédiat de Briser les Solitudes. Le lendemain de son
arrivée à Port-au-Prince, la moitié de la ville ferait la ligne pour obtenir
un visa. Un chapitre où, des deux côtés le mal est infini.
Oh Canada… ! Pourquoi pas
un grand musée de la civilisation canadienne sur les côtes de Jacmel, en
Haïti, dans la foulée de la présence canadienne pour la décentralisation et
pour le développement durable ! Nos histoires renferment toutes deux des
premières nations. Mais, quand on découvrira plus tard si le Centre Juno
Beach à Courseulles-sur-Mer, symbolise à lui seul, les valeurs canadiennes à
l’étranger, incluant les nouvelles valeurs qui enseignent à nos jeunes la vie,
l’ouverture et le partage, l’histoire parlera d’elle-même. Quand le Canada
s’inscrit dans la fabrication de son histoire et dans celle du monde.
Ah ! vieille Europe. Il
faudrait marcher dans les souliers du Secrétaire Général pour comprendre la
démarche de l'homme dans cette chasse gardée en apparence pour mâle. Jusqu'à
présent disons. Il y a fort peu que je partageais des points de vue avec une
collègue européenne, sur le sujet. De combien on se surprend à constater d’où
la réticence est alimentée sur la question de la femme.
<< Pas besoin d'une femme
comme secrétaire général ici >>, me disait-elle. Elle affirme ne pas voir de
compétentes chez les femmes, pour assumer la job. Je m'évertuais à lui
expliquer que sa perception était erronée car le monde était bourré de femmes
compétentes. En avançant le nom de Michaëlle Jean comme candidate potentielle
au Secrétariat Général des Nations Unies, le ver lui sortit du nez pour
préciser que c'était au tour de l'Europe. Peut-être est-ce la raison de la
présence de tant d’agents d’information russes qui investissent les couloirs
mondains.
L'Histoire réclame tout
simplement une action onusienne pour répondre aux vœux même de Ban Ki moon :
égalité et équité pour la femme. Commençons par la tête monsieur le Secrétaire
Général. Quand nous disons Papillon St. Jean Ambassadeur at large, cela
concerne autant le Canada et Haïti, mais encore plus la cour ou le parcours
des drapeaux. Un véritable test de capabilité de la Global Gouvernance.
Ce serait alors rendre justice aussi à un des membres fondateurs du système
onusien, soit la République d’Haïti...
! Int/12-04*06-05-10 |