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PASSAGE D'UN une façon différente de voir la chose! |
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CANADA : mémoire populaire et passage d'un premier ministre haïtien - la question se pose-t-elle? par Dan Albertini- Inquiet mais ne veut surtout pas se faire oublier: «...l'existence même du pays est menacée. ...». Ce sont des maux qui résonnent encore après le passage de G. Latortue au Canada. Exagère-t-il ou la réalité est-elle aussi cruelle? Menace sociale, politique ou territoriale?
Monsieur Latortue a avant tout livré un discours rassembleur mais c'est dans la petite histoire que l'on peut se faire réellement une idée du personnage, de son passage à Montréal. Le personnage rassurant qui avait livré un discours des plus intelligents lors du vingt-cinquième anniversaire de l'hebdomadaire Haïti Observateur en 1995 à Montréal, aura tout simplement disparu. C'est la panique, l'arrogance et le constat d'échec, à la même enseigne que son ancien patron, son excellence monsieur le président Mannigat. Conscient que les temps sont faits et qu'il n'a plus le temps. Le premier ministre qui s'est présenté à la conférence, a sûrement dû museler ses ministres avant de venir afin d'éviter trop de bavardages. Il y a eu malgré tout un peu de mélancolie mêlée de supplication déguisée et d'une réflexion révélatrice. Pour répéter une de ses phrases à une journaliste: «vous savez, je constate aujourd'hui que je m'étais trompé. Je faisais des analyses politiques de l'extérieur du pays étant mais une fois arrivé à la tâche, j'ai constaté que ce n'est pas du tout ce que je pensais». C'est une réflexion qui devrait pouvoir servir à tous les protagonistes en selle qui convoitent le pouvoir à Port-au-Prince.
La consigne c'est la consigne - Il ne fallait surtout pas demander de l'argent ni laisser planer des soupçons. La réussite du plan de visite aux frais de la reine passait par des conditions. Conditions canadiennes, conditions haïtiennes. Le support diplomatique et la coopération bilatérale déjà existante suffisait au premier ministre Latortue. Seulement en apparence car le discours trahissait les besoins cruciaux de financement. La situation est alarmante mais le gouvernement ne pouvait tendre sa sébile en ce temps de crise de confiance: condition haïtienne. Conditions canadiennes: si cela prenait l'air d'un dialogue avec cette ''Diaspora'' en question, l'exercice se résumait dans la réalité à autre chose. Forcer les acteurs de Port-au-Prince à se montrer ensembles, sur la même table. Cela permettrait au Canada de se positionner rapidement face à la Suisse, la Jamaïque, le Brésil et Miami, comme le meilleur négociateur de paix dans la cause haïtienne. Expert en rapprochement de Frères ennemis. C'est en ce sens que la consigne canadienne devrait être respectée pour envoyer un signal au monde et de part l'exercice pédagogique, aux Haïtiens aussi. Les promesses suffisaient ainsi à un gouvernement haïtien nonchalant qui doit justifier quotidiennement un retard insurmontable.
Les fausses notes du pouvoir - Le Canada a d'abord commis une erreur grave en choisissant ses partenaires de la Diaspora haïtienne à la légère. Qualité ne justifiait pas quantité ni écartés. Certaines présences ont causé beaucoup plus de gêne que d'harmonie. Ancien ministre impliqué dans des affaires de fonds disparus, ancien maire dérobeur de coffre-fort, industriel impliqué dans traitement inhumain de travailleurs et même médecin fraudeur suspendu, tous faisaient partie du lot. Cela pourrait ressembler à des commérages mais c'était la réalité du jeu. Donc, mauvais bétail et malheureux absents s'accordaient en symphonie avec ministre canadien déchu. Par la faute de qui? allez donc savoir! C'était la partition canadienne mais, un fait est certain, le Canada ne pouvait pas tout prévoir et tout faire pour Haïti. C'est en ce sens que le ministre du MHAVÉ s'est pointé avec seulement un petit signet pour toute documentation en offrant aux intéressés, comme autre brochure: le Web. Et, pour mieux nous mentir: «à côté du Web» ajoutait-il. La table était vide et, il aurait tout spécialement oublié de souligner en compensation, les insultes de l'avocat de Québec Me Le Boutillier, que le premier ministre du Canada avait refusé de condamné. Une fausse note grave pour le titulaire qui prétend défendre les intérêts des Haïtiens d'outremer. Les poursuites judiciaires entamées par les missions haïtiennes d'ici sont tout bonnement jetées aux oubliettes. Pas le temps d'offenser le donateur, le promoteur, la reine.
La visite du premier ministre Latortue était par contre nécessaire au Canada, il fallait briser la glace après le mépris de Québec 2001, du président Aristide. Le premier ministre Latortue aurait réussi à toucher toute la Communauté Haïtienne Internationale, leur offrant une certaine garantie pour le suivi 2005. Il a fallu un début de dialogue et nous y croyons de notre côté. Cela a aussi permis aux Haïtiens de comprendre que leur avenir ne pouvait faire l'objet d'exclusivité d'un seul pays ami. La primature haïtienne aura sûrement pris bonne note. La DDC de la Suisse n'en est pas moins intéressée que le FOCAL et l'ACDI du Canada. Le Brésil, la Jamaïque, les USA, l'Afrique du Sud, la République Dominicaine devraient être invités à organiser eux aussi, mais de façon plus concertée avec la Communauté Haïtienne Internationale.
Nous croyons que le Canada est un bon partenaire, un des meilleurs même, mais la libre concurrence a bien meilleur goût. Le Canada n'est pas moins ami avec le Brésil ni avec les USA, après Embrair-Bonbardier ou le conflit du bois d'oeuvre résineux et le blé roux. Pourquoi l'ami canadien en voudrait-il à la Communauté Haïtienne Internationale, de développer d'autres liens-amis? Nous autres canadiens croyons que cela répond même aux principes d'intégration. Le Canada ne joue-t-il pas toutes ses partitions: onusienne, G8, nord-américaine, américaine, européenne, francophonie, Commonwealth, Asie-Pacifique ?
Les points de vue divergent dans la subtilité des intérêts et du comportement du Canada et d'Haïti - Nous avons voulu garder ainsi une image symbolique du passage de monsieur Latortue au Canada sans vouloir influencer ou, ni dénigrer. Le choix a été plutôt difficile. C'est donc une mosaïque qui nous est restée mais qui ne devrait être vu que sous un angle humoristique. Monsieur Martin a été malgré tout un hôte poli et monsieur Latortue, un invité audacieux. Si l'un s'est fermé les yeux sur les civilités de l'autre avec les journalistes, l'autre lui aura rendu la pareille sur son agressivité avec le 4ième pouvoir. Le tout se serait joué dans l'espace d'un clignotement. Cela nous a tout simplement permis de comprendre la différence du traitement accordé aux journalistes en Haïti par rapport à ceux vivant au Canada. La peur de vivre là-bas! CHI - mosaïque-photo ci haut (12-29)-12-04 |
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ancien code z25, recadré le 19-03-10 |
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