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POURQUOI LES VOIX DE L'AFRIQUE NE RÉSONNENT-ELLES PAS DANS LE SENS DES BESOINS DOMESTIQUES, MAIS D'ABORD QUELLES SONT SES VOIX ? par Dan Albertini - Ne disait-on pas que tous les chemins mènent à Rome, un dicton au passé antérieur mais jamais remplacé. Sur les moyens, l'Afrique s'affiche de mieux en mieux à l'étranger. On parle de Afrique Tribune, de Continent Premier qui fête ses cinq années accomplies, de Jeune Afrique dont le passé révolu s'est transformé en outil nécessaire. Le chemin le plus droit pour aller vers l'autonomie serait alors sur quelle trajectoire ?

 

Le débat est lancé mais de façon brutale. Tous, et, tant d'autres, se sont penchés sur la question. Y a-t-il un complot contre l'Afrique dans les médias en Occident ? Le maître d'oeuvre, le directeur fondateur du magazine africain à Genève, Continent Premier. NDoye ne mâche pas ses mots, au risque même de provocations embarrassantes. Il a récemment mis le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki moon dans ses petits souliers en pleine conférence de presse. Une erreur d'interprétation dans la traduction qui traçait l'Afrique comme « un continent perdu.» Des excuses formelles mais humbles et pleines de sagesse s'en sont suivies de la part de Ki moon dont la version originale : « l'Afrique est tout sauf un continent perdu.»

L'Afrique ne supporte plus les diatribes, directes comme voilées de quiconque. Nous sommes sur la bonne voie nous dit l'ambassadeur de la Côte d'Ivoire, Ex. Alain Gauze. À la question donc, de la position la plus radicale à la plus souple, on a trouvé matière. Il y a complot, il n'y a pas complot, il y a méprise et désintérêt, affaires obligent. La question fait donc échos : pourquoi l'Afrique n'investit pas comme tout autre dans les médias propres, tel que dépeint par les occupants de la placette ?

 

Voies et Moyens - L'Amérique a mis en exergue son cinéma, ses rails, son bétail, etc. Les banques ont suivi, les investisseurs au même titre que l'immigration a rempli les caisses de l'Amérique chercheuse d'or. On a trouvé le pétrole, le nucléaire et le pouvoir. Cette logique a traversé le feu des épreuves avec son intelligence et ses armes pour en imposer les siennes. Ses médias l'ont renforcé. Grand territoire grande puissance.

La Suisse a réussi en bon négoce dans sa neutralité, malgré petit terroir enclavé, elle a nourrit un puissant artisanat qui a suivi même dans l'alimentaire, elle est devenue coopérante privilégiée. Ses médias ont joué gagnant.

Le Canada, notre Canada de territoires et de ressources naturelles, ce qui interpelle directement cette Afrique dont nous parlons, nous avons développé un savoir faire autosuffisant au point d'en exporter, au profit d'une industrie des services et de la coopération internationale. Les ambitions sont soutenues au rythme de la croissance internationale. Nos médias sont outremer aussi.

Le Brésil de militaires a changé. Le Brésil des socialistes a compris. De son bétail, de son sucre, de son café, un savoir faire caché tire bien ses épingles du jeu au point où bio carburant se trempe scientifiquement à la sauce de la Samba. Fort de son carnaval, on trouve aussi une médecine plastique concurrentielle qui attire touriste et amant de la jouvence. Médias et société en marche.

Il y en a qui ont bâti de ressources colonialistes et sur l'exploitation des humains. On les voit, on les connaît tous, leurs médias jubilent. L'Afrique décolonisée se tire fort mal aujourd'hui encore : réputation, trahison, domination élargie etc. toutes des tares qui enveloppent l'Afrique qui a payé sa naïveté mais surtout, le coût de relations publiques infructueuses à ses dépens. Dévalorisant les siens pour valoriser l'étranger, trop souvent ignorant mais exploiteur mais, à qui on demande bénédiction.

C'est dans ce contexte que la question s'est posée : y a-t-il un complot contre l'Afrique dans les médias en Occident. L'Ambassadeur de la Côte d'Ivoire voyant lui, une Afrique fautive de son ignorance dans les relations médias, mais d'un air hautain par rapport à l'auditoire africain, qu'il semblait voir trop loin derrière lui, dans leur expression. Cependant, la richesse de son discours a surpassé celui de son geste de solidarité quand il faut prendre des engagements concrets pour mieux outiller les siens.

C'est dans ce même contexte qu'évolue, aujourd'hui 5 ans, le magazine Continent Premier qui, contrairement à Jeune Afrique, respecte mais rectifie et réclame. Gorgui NDoye, l'éditeur fondateur possède-t-il les moyens de cette politique quand cette même Afrique ne finance pas cet outil qui lui veut du bien.

 

La voie reste à tracer pour ce continent qui a trop espérer mais qui devra, dorénavant, agir. Agir pour réussir. Réussir maintenant.  

Le poids de gros calibres de la culture et des sports, des ambassadeurs internationaux, si l'on parle de Dibango du Cameroun, de feu Diabaté, de Annan dans la diplomatie, de Drogba dans le foot et tant d'autres, ou, à titre posthume un Senghor, le poids des dictatures de l'Afrique anéantit encore les efforts. Sans vouloir sectoriser, l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie souffrent encore de maux qui traumatisent et handicapent, développement et société. Cette contrebalance empêche une vision claire d'une Afrique de ses intérêts. La question du complot se résoudrait-elle autrement que du partenariat formulé ? Une autre question. Pourquoi alors une certaine presse traite aujourd'hui l'Afrique de vendu à la Chine ?

 

Un chef d'entreprise suisse dont l'Administration principale à Madagascar, disait à deux missionnaires allemandes engagées dans le social et la santé en Sierra Leone : « je n"ai pas de problème avec les Africains, je leur passe des ordres et ils exécutent. Même pour s'entendre avec leurs adversaires c'est comme ça. Ils n'ont pas l'habitude de décider seuls, ça ne marchera pas ».

S'il est réel, le libéralisme africain de Alain Gauze peut-il rompre radicalement avec cette copie, héritage du colonialisme avare ? Peut-il investir pour sa réputation, en toute fierté, en toute autonomie, dans la modernité, dans Continent Premier! International/25-05-08

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