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HAITI - PREVAL
SERA-T-IL LE PROCHAIN JEAN CONZE DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE HAITIENNE -
Rama Yade s'est rendue récemment en Haïti pour signifier, amorcer ou
consolider les relations de son président avec celui de la première république
nègre indépendante, Haïti. La France de Sarkozy, croie-t-elle ainsi et,
réellement, dans des rapports loyaux avec les '' Haïtiens de 1804 '' pour
vouloir aller mesurer lui-même l'intensité de cette chaleur humaine qui
déchire les mauvaises consciences colonialistes européennes ?
Préval sera-t-il le traitre par qui l'on passe ?
Cela rapporte-t-il à l'un ou à l'autre ?
Mais surtout, que se passera-t-il après une
éventuelle visite de cette nature en Haïti ? Quand, ministre candidat à la
présidence, Sarkozy avait essuyé le refus de Césaire de la Martinique, pour
ses propos tant dénoncés. Même l'amitié réclamée n'avait été adéquate.
En raisonnant par l'absurde, la France ne
sera trouvée coopérant, sinon intrigante dans les affaires haïtiennes.
Personne ne saurait lui en vouloir de défendre ses intérêts mais cela ne
saurait servir à pervertir le sentiment républicain haïtien. C'est un danger
que de croire inconséquemment en la bonne foi de ceux qui commercent avec des
Etats dits délinquants, il n'y a pas d'honneur à recevoir la présidence
française. Les portes de la République seraient-elles à ce point
sans sentinelles pour ne pas identifier qui tente de rentrer ?
Trompe l'œil - le terme existe certes pour les
arts visuels, mais en politique ou en hypocrisie diplomatique le coup serait
une erreur pour la France, mais encore plus, une fatalité pour un président
haïtien. Digne scénario pour réveiller les vieux esprits depuis trop
longtemps endormis, quand cette France malade lance du fumet napoléonien et appel à l'oubli.
mieux, à l'amnésie.
Le fait ne serait pas de confondre l'infime évolution qui identifie la secrétaire
d'Etat Rama Yade avec une entourloupette - le Général Dumas en dirait long,
c'est du vieux. Mais par contre, se servir de son
identité, de ses origines pour amadouer et tromper, la différence fait rage. Les références ne seraient
que trop évidentes quand on considère les dernières relations franco-libyennes
dans le cadre de l'affaire des infirmières bulgares. Haïti, mieux, son
président peut-il faire table rase de l'histoire et, même des habitudes
contemporaines d'une France inconséquente et, de son président perdu dans ses
recherches de blés étrangers quand ses greniers sont avérés vides,
troués. La réalité française offre un tableau tout à fait différent d'un
coopérant.
C'est un contexte favorable pour amorcer un débat
profond sur l'identité haïtienne, sur la présidence haïtienne, sur le pouvoir
des autres institutions nationales. La présidence peut-elle continuer à porter ombrage,
par exemple au judiciaire, au législatif, à la cour des comptes. La présidence
a-t-elle l'autorité morale d'amener un président français sur le sol de la
République de 1804 sans réclamer et exiger les dédommagements justes et
exemplaires pour des réparations historiques.
L'Afrique nous regarde avec tous
ses défauts mais avec tous ses espoirs. Préval devrait s'inspirer de certaines
lectures pour mieux comprendre. En 2000 sous les plumes de Christophe Champin
et de Thierry Vincent du Monde diplomatique
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/01/CHAMPIN/13272, affaires Romain
Balladur-Agence française vend président Africain dans le pactole de la
communication politique et, plus récemment, en 2007, sous la plume de El Hadji
Gorgui Wade Ndoye de Continent Premier http://www.continentpremier.com/,
l'Afrique n'est pas l'homme malade du monde d'aujourd'hui.
Autrement dit pour Haïti, Sarkozy ne serait pas le bienvenu
sur la terre de Dessalines, de Toussaint, mais, par dessus tout, Préval serait digne de
destitution s'il entreprenait cette invitation de la honte.
International & Dossier Haïti/24-09-07 |